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L'Acadie Nouvelle
Actualités, jeudi, 5 février 2009, p. 3

Santé: la défense du gouvernement perçue comme une attaque contre l'Acadie

Ébacher, Jessica

MONCTON - Pour se défendre contre la poursuite de l'organisme Égalité santé en français, il semble que le gouvernement Graham et ses avocats refusent de reconnaître que la communauté francophone soit menacée d'assimilation linguistique et culturelle.

D'après l'exposé du gouvernement et de ses avocats, qui a été rédigé en réponse à l'avis de poursuite, le gouvernement provincial n'a aucune connaissance que la communauté linguistique française est en situation minoritaire par rapport à sa contrepartie anglophone, tant sur le plan provincial que dans le Sud-Est.

De même, est-il écrit, le premier ministre et le ministre de la Santé n'ont pas d'obligations positives d'agir en matière d'égalité du statut et de l'usage du français et de l'anglais, ainsi qu'en matière d'égalité des communautés linguistiques française et anglaise, notamment dans le domaine de la santé (lire encadré).

Devant de tels arguments, le comité Égalité santé en français au N.-B. a jugé bon de condamner la stratégie du gouvernement dans le cadre d'une conférence de presse, hier.

"Nous estimons qu'il est important de réveiller les Acadiens au fait qu'il y a ici bien plus qu'un débat sur la santé, sur des investissements ou des infrastructures; c'est une question de reconnaissance officielle et d'égalité", a indiqué le président du comité, Hubert Dupuis.

"Le gouvernement Graham propose un recul important pour les Acadiens, une interprétation restrictive et diminutive de nos droits, a-t-il ajouté. Le gouvernement Graham veut effacer les acquis des Acadiens depuis l'adoption de la Loi sur les langues officielles d'il y a 40 ans et de la Loi 88 d'il y a 27 ans."

Dans sa défense, le gouvernement nie en effet que l'article 16.1 de la Charte et la Loi 88 (qui portent entre autres sur l'égalité des deux communautés) reconnaissent l'égalité des droits, du statut et des privilèges de chacune des communautés linguistiques française et anglaise.

Selon le comité, cette logique signifie que la province ne reconnaît plus l'égalité des Acadiens et des anglophones comme groupes, un principe enchâssé dans la Constitution.

Par ailleurs, plusieurs ont interprété l'un des arguments de la province comme étant une négation de l'existence des deux communautés.

En effet, les défendeurs nient que les résidants d'expression française du N.-B. font partie de la communauté linguistique française et que les résidants d'expression anglaise de la province font partie de la communauté anglophone.

Un bémol est toutefois apporté dans l'exposé de la défense (du gouvernement et de ses avocats). Il y est indiqué que le N.-B. comprend deux communautés linguistiques; que, généralement, les résidants d'expression française font partie de la communauté linguistique française; que, généralement, ceux d'expression anglaise font partie de la communauté linguistique anglaise, mais que certains résidants de la province considèrent faire partie des deux communautés.