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L'Acadie Nouvelle
p. A4, vendredi, 23 janvier 2009
Le document de la défense confirme les craintes que nous avions"
Philippe Ricard
MONCTON - Le porte-parole du comité Égalité santé en français du Nouveau-Bunswick, le Dr Hubert Dupuis, n'est pas surpris par les arguments évoqués par la province dans sa défense et affirme que ceux-ci donnent du poids à l'action en justice qui a été entamée par son groupe.
"Le document de la défense confirme les craintes que nous avions, affirme d'emblée le Dr Dupuis. On a bien fait de prendre les décisions que nous avons prises et nous avons toutes les raisons de continuer dans la même direction."
Le Dr Dupuis estime que le gouvernement fait fausse route lorsqu'il argue que la Loi 88 sur l'égalité des communautés linguistiques du N.-B. ne fait pas mention de la santé.
"La Loi 88 affirme que les deux communautés et leurs institutions sont égales, notamment les institutions culturelles et d'enseignement. Pour nous, ça ne veut pas dire que l'on exclut la santé, au contraire. Je pense que le gouvernement Graham s'en va sur un terrain dangereux en disant que la communauté acadienne n'est pas égale à la communauté anglophone dans cette province", dit-il.
Denis Roy, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Moncton, estime pour sa part que le gouvernement Graham interprète la Loi 88 de façon contraire à l'épanouissement du français au N.-B.
"Il va falloir attendre l'interprétation que la Cour fera de la Loi 88 pour voir si les institutions de santé sont comprises dans la loi. Mais une chose est certaine, le gouvernement prend des décisions qui ne sont pas dans la direction de la Loi 88."
Bilinguisation
Dans sa défense, le gouvernement du N.-B. affirme que le statut linguistique des hôpitaux Dumont et Stella Maris n'ont pas changé depuis la réforme. Mais un peu plus loin, il avoue que la Régie A ne fonctionne pas uniquement en français. Ce qui fait dire au Dr Dupuis que la prochaine étape sera de "bilinguiser" l'Hôpital Georges-Dumont.
"Ils admettent en peu de mots que la Régie A est une institution bilingue. Ce que l'on vit à Georges-Dumont, c'est la bilinguisation. Si les gestionnaires sont bilingues, c'est une question de temps avant que toute l'institution le soit aussi", croit-il.

