Inquiétudes et frustrations dans le milieu des buanderies hospitalières

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le mardi 16 avril, 2013

MONCTON – La fermeture de buanderies dans quatre hôpitaux de la province a semé l’inquiétude chez des employés, qui pourraient être forcés de déménager pour préserver leur emploi.

Samedi, l’Acadie Nouvelle révélait que la buanderie de l’Hôpital de Moncton et du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont seront transférés à Saint-Jean.

Les services de buanderie de l’Hôpital de Tracadie et de l’Hôpital régional Chaleur de Bathurst seront, pour leur part, envoyés à Campbellton.

Une entente, signée l’an dernier entre le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et le gouvernement provincial, pourrait forcer des travailleurs de buanderie à choisir entre leur emploi et le déménagement, selon un employé du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont.

L’homme, qui a préféré garder l’anonymat, a dénoncé la SCFP lors d’une réunion syndicale à l’école Mathieu-Martin, lundi soir.

Bernard Brun, le président de la SCFP, local 821 (Beauséjour-Moncton), a interdit aux médias d’assister à la réunion.

À la porte de l’auditorium de l’école Mathieu-Martin, le dénonciateur a accueilli ses confrères et consoeurs en leur donnant une lettre critiquant le syndicat.

L’entente en question a vu les services de buanderie passer des deux réseaux de santé à Facilicorp NB. Du même coup, les pensions, les bénéfices sociaux et les droits de supplantation (bumping) des employés de buanderie ont été transférés vers Facilicorp.

«L’entente a été imposée sans qu’on le sache, a fait savoir le dénonciateur. Elle transfère nos pensions, nos avantages sociaux et nos droits de supplantation (vers Facilicorp).»

Les syndiqués de Moncton, Bathurst et Tracadie dont l’emploi sera aboli ne pourront donc pas supplanter leurs collègues des réseaux de santé Vitalité ou Horizon ayant moins d’ancienneté, qui sont nombreux dans leur région.

Ils auront seulement le droit d’exercer leur droit de supplantation par rapport aux employés de Facilicorp NB, qui sont peu nombreux dans les trois régions touchées par les fermetures.

Des employés pourraient donc être forcés de déménager à Campbellton ou à Saint-Jean afin de préserver leur emploi.

Dans sa lettre, l’employé de l’Hôpital Georges-L.-Dumont dénonce le manque de transparence de la SCFP.

«Si nous avions été avisés de nos droits, nous aurions eu le temps et l’option de postuler pour des postes disponibles dans nos hôpitaux respectifs, est-il inscrit dans la lettre. Nous n’avons jamais été avisés du fait que nous n’avions pas le privilège de supplantation dans notre hôpital régional. Cette omission nous laisse dans un état vulnérable, mal à l’aise et frustré.»

Le président du local 821 de la SCFP n’a pas émis de commentaires. Il veut attendre d’avoir eu des discussions avec Facilicorp et les réseaux de santé avant de se prononcer.